Carnet du Projeteur

Mes essais pour dessiner une reprise de bétonnage sur un plan de coffrage

Reprise de bétonnage et dessin technique sur un plan de coffrage, carnet d'une reconversion AutoCAD débutante

Vous la tracez droite, cette ligne de reprise, ou vous la cassez en dents de scie ? Je me pose encore la question devant mon écran, dans le coin de salon à Sotteville-lès-Rouen où j'ai fini par installer mon PC depuis que j'ai quitté le marketing pour apprendre, le soir, à dessiner du béton armé. Une reprise de bétonnage, pour qui n'a jamais ouvert AutoCAD avant sa reconversion, c'est simplement l'endroit où le maçon arrête de couler aujourd'hui et reprend demain — sauf que sur un plan de coffrage, cet endroit-là doit être dessiné, pas improvisé, et il existe visiblement plusieurs façons de le faire.

Avant d'aller plus loin, une précision qui n'a rien de littéraire : ce carnet contient des liens affiliés, et si vous achetez un outil en passant par l'un d'eux, je touche une petite commission sans que votre prix change d'un centime. Je ne cite ici que ce que j'ai vraiment ouvert et manipulé un soir de semaine, entre deux gorgées de verveine froide.

Pourquoi le maçon a besoin de savoir où je m'arrête ?

Si je place mal cette ligne, le maçon ne peut plus couler la suite au bon niveau, et ça m'a donné un sérieux vertige la première fois que j'y ai vraiment pensé. On m'a expliqué qu'il fallait aussi indiquer mes niveaux NGF sur le plan — pour qui, comme moi, découvre le jargon : le NGF (Nivellement Général de la France) donne l'altitude officielle par rapport au niveau de la mer, et sert surtout à vérifier que le rez-de-chaussée reste bien au même niveau partout sur le chantier.

Entre une ligne droite et une ligne en dents de scie, le choix n'est donc jamais une question d'esthétique : il dépend de ce que le maçon doit comprendre en une seconde, sans avoir à m'appeler pour demander ce que j'ai voulu dire.

Ma ligne de reprise de bétonnage ne sera pas toujours droite

Mon premier réflexe, en débutant cette reconversion, a été de tracer cette ligne de reprise bien droite, au cordeau, plutôt fière de mon alignement. En relisant mes notes le lendemain, j'ai compris que j'avais inventé un problème là où il n'y en avait pas : ce mur-là devait être coulé en une seule fois, sans interruption. La vraie question n'était donc pas de savoir où couper, mais de savoir s'il fallait couper du tout — et seulement ensuite, comment.

Sur un mur de refend, en revanche, la reprise devient presque obligatoire, et une simple ligne droite ne suffit plus. On m'a parlé d'une sorte de relief à prévoir entre les deux coulées, pour qu'elles s'accrochent l'une à l'autre comme deux pièces de Lego qui s'emboîtent plutôt que de rester deux blocs qui se contentent de se toucher — et il faut aussi laisser une marge entre l'acier et le bord du béton pour ne pas le laisser à nu, mais c'est un autre article du site qui explique ça bien mieux que moi. Dessiner ce relief en dents de scie, à la main, le papier presque troué aux coins de mon brouillon à force d'appuyer sur le crayon en hésitant entre les deux versions, m'a pris largement plus de soirées que je ne voudrais l'admettre.

Pour ne plus confondre mes deux feuilles d'essai, j'ai aussi fini par relire ce billet sur comment mieux organiser la disposition des coupes sur un plan béton de coffrage, parce que mes feuilles ressemblaient à un jeu de cartes battu n'importe comment plutôt qu'à deux versions d'un même détail à mettre côte à côte, et que je n'arrivais même plus à faire correspondre mes vues en coupe avec le plan d'ensemble.

Remplir les hachures de béton de chaque côté de cette ligne, pile pour comparer les deux options sur une même feuille, m'a renvoyée vers ce guide qui explique pourquoi les hachures béton AutoCAD ne s'affichent pas sur mon plan, parce que la version en dents de scie refusait obstinément de se fermer proprement.

Écran AutoCAD avec une ligne de reprise de bétonnage sur un mur, détail de dessin technique en coffrage béton

Un soir de tutoriels YouTube pour rien

J'ai essayé, un soir, de regarder une série de tutoriels sur la reprise de bétonnage sans ouvrir AutoCAD en même temps, en pensant que ça rentrerait plus vite si je me concentrais uniquement sur l'écran du vidéaste. Résultat : le lendemain, devant mon propre fichier, je ne me souvenais de rien d'utile, juste d'un vague sentiment d'avoir compris quelque chose la veille.

La fois suivante, j'ai gardé le logiciel ouvert à côté de la vidéo, en pause constante, à refaire chaque clic en même temps que l'explication. C'est bête à dire, mais c'est seulement là que la différence entre mes deux lignes de reprise a vraiment pris forme dans ma tête, et plus seulement sur le papier.

Main sur le clavier en train de dessiner une réservation de coffrage béton, soir de reconversion professionnelle vers le dessin technique

Philibert m'a filé un bloc sans que je demande rien

Philibert, croisé sur un forum de dessin technique et en reconversion depuis un peu plus longtemps que moi, m'a filé le lien d'un bloc gratuit pour dessiner la clé d'ancrage sans même que je le lui demande, juste parce que je tournais en rond dans un fil de discussion sur le sujet. Il paraît que certains blocs, dits dynamiques, s'adaptent tout seuls selon l'épaisseur du mur, mais je n'en suis pas encore là.

Pour arrêter de redessiner chaque symbole de réservation à la main, j'ai fini par utiliser le Gabarit complet GCB coffrage. Ce n'est pas de la triche, c'est surtout que mes flèches de cotation n'en pouvaient plus de se balader n'importe où sur la feuille, et que mon cartouche s'imprimait presque toujours de travers avant ça.

Trois relectures avant de croire à mon 1/50

Il y a eu ce moment où j'ai imprimé ma feuille au 1/50 et relu mes cotes trois fois avant d'oser croire qu'elles tombaient juste, au millimètre, sans le moindre décalage entre le plan et mon brouillon. Choisir la bonne échelle d'impression n'a l'air de rien du tout, mais une feuille mal calée suffit à fausser des cotes qu'on croyait pourtant justes.

Apprendre à dessiner un plan de coffrage un soir de semaine, après une journée qui n'a rien à voir avec le béton, demande une discipline que je n'avais pas vue venir en quittant les bureaux de marketing. La lampe LED articulée au-dessus de mon clavier est devenue, une fois la nuit tombée, la seule chose qui éclaire encore mon petit coin de salon transformé en poste de dessin improvisé.

Clovis, qui a plaqué un bureau du même genre que le mien pour se former à l'électricité, m'a demandé par message où j'en étais avec mes dessins : toujours sceptique sur cette histoire de béton, mais curieux malgré tout, et sans la moindre blague sur mes dents de scie ratées.

Choisir sa ligne sans hésiter, enfin

Ma règle, pour l'instant, tient en une phrase : je trace droit quand le mur doit rester un seul bloc dans ma tête de débutante, sans interruption du tout, et je bascule sur les dents de scie accompagnées d'une clé dès qu'il faut que la nouvelle coulée s'accroche vraiment à l'ancienne. Ce n'est pas une formule magique, juste la question que je me pose maintenant avant même de lever le crayon.

Je confonds encore, de temps en temps, cette reprise avec un autre type de joint — si c'est votre cas aussi, j'ai raconté cette confusion dans mon billet sur comment dessiner un joint de dilatation béton sur AutoCAD — mais mes plans commencent franchement à ressembler à quelque chose de lisible. Si vous débutez vous aussi et que les détails répétitifs vous usent, le Gabarit complet GCB coffrage m'a vraiment servi de compagnon de route ces derniers temps ; il existe aussi le Gabarit complet GCA armatures pour plus tard, quand je passerai au ferraillage, mais chaque chose en son temps.

Reste à savoir si la prochaine reprise sera plus simple à trancher, ou si je vais encore fixer une ligne pointillée pendant une heure en me demandant laquelle des deux dessiner.

Articles connexes